Cinéma

LA FEMME LA PLUS RICHE DU MONDE : LE SCANDALE BETTENCOURT

today29 août 2025 1

Arrière-plan
share close

Le public français se souvient encore de ce séisme médiatique qui ébranla les hautes sphères de la société hexagonale avec l’affaire Bettencourt. Cette affaire mêlant manipulation, milliards d’euros et secrets de famille avait captivé l’opinion publique pendant des années. Aujourd’hui, Thierry Klifa s’empare de cette matière brûlante pour livrer une œuvre cinématographique ambitieuse qui dépasse la simple adaptation de fait divers.

Thierry Klifa n’en est pas à son coup d’essai. Ancien journaliste du magazine Studio pendant onze années (1991-2002), il a côtoyé l’industrie cinématographique avant de passer derrière la caméra en 2001. Son parcours impressionnant comprend des succès comme « Une vie à t’attendre » (2004), « Le Héros de la famille » (2006) avec Catherine Deneuve, et « Les Yeux de sa mère » (2011). Chaque film témoigne de son talent pour raconter des histoires touchantes et complexes, tout en s’engageant dans une réflexion sur la société et les enjeux contemporains.

Une reconstitution minutieuse de l’univers bourgeois

Pour ce sixième long-métrage, « la femme la plus riche du monde », Klifa révèle avoir « beaucoup travaillé la direction artistique, tant au niveau de l’image que des décors et des costumes pour donner une identité cohérente au film. Le réalisateur évite les clichés habituels sur l’ostentation des riches. L’homme venant d’un milieu bourgeois s’explique : « La fausse idée, c’est d’imaginer que chez eux l’argent se voit. On est loin de Succession, The White Lotus ou The Square même si on est chez la femme la plus riche du monde ».

Au cœur de cette tragédie, trois personnages principaux émergent. Marianne Farrère, interprétée par Isabelle Huppert, incarne cette figure maternelle puissante mais vulnérable. Face à elle, Pierre-Alain Fantin interprété par Laurent Lafitte, déploie son charme manipulateur avec une efficacité redoutable. Enfin, Frederique Spielman (Marina Foïs) représente la fille en lutte contre cette emprise destructrice. L’ensemble du casting brille également avec André Marcon en mari effacé et Raphaël Personnaz dans le rôle crucial du majordome, témoin privilégié de ces machinations familiales.

 

Une réception critique mitigée mais des performances saluées

Présenté hors compétition au Festival de Cannes 2025, le film a divisé la critique professionnelle. Certains saluent une « comédie féroce et incisive, avec une Isabelle Huppert royale, et Laurent Lafitte, génial avec des répliques saillantes », tandis que d’autres déplorent « un film d’une grande pauvreté » malgré les performances remarquées. A Angouleme par contre, le public a aimé fortement. Les critiques positives soulignent particulièrement « la performance d’Isabelle Huppert d’une froideur magistrale » et « son interprétation de Marianne qui dépeint une femme si habituée au luxe que ses signes extérieurs ne lui inspirent plus rien ».

Les secrets enfouis d’une dynastie

L’intrigue explore également les zones d’ombre historiques de ces grandes familles industrielles françaises. Klifa évoque « un contexte historique encore trop peu exploré en France : celui de ces grandes familles industrielles, catholiques » et leurs compromissions passées. Le film réussit le pari de rendre accessible cette matière complexe. L’académisme assumé de Klifa permet de se concentrer sur l’essentiel : les rapports de force entre ses personnages. Au-delà du cas particulier qu’il dépeint, « La Femme la plus riche du monde » questionne les fondements de notre société. Comment les inégalités extrêmes façonnent-elles les comportements ? Quels prix payer pour maintenir sa position sociale ? Ce film a un fort potentiel pour booster les entrées dans les cinémas. À Cadence, on a aimé ce long-métrage qui va sortir le 29 octobre 2025. On vous le conseille.

Écrit par: Loic Couatarmanach

Rate it

Commentaires d’articles (0)

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs marqués d'un * sont obligatoires