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Ventes de CD aux États-Unis en 2026 : la surprenante remontée portée par la K-pop

today5 septembre 2026 10

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Le format que l’on croyait relégué aux vide-greniers connaît une renaissance spectaculaire outre-Atlantique. D’après les derniers chiffres de la Recording Industry Association of America (RIAA), les ventes de CD ont bondi de 58,6 % au cours du premier semestre 2026 aux États-Unis, une progression portée notamment par l’engouement des fans de K-pop et les nouvelles habitudes de collection chez les jeunes générations.

Un support qu’on annonçait enterré

On l’imaginait condamné à disparaître des rayons. Pourtant, le disque compact continue d’écrire son histoire aux États-Unis, où ses revenus progressent désormais plus vite que ceux du vinyle. Une étude publiée le 1er septembre par la RIAA, l’organisation professionnelle de l’industrie musicale américaine, révèle une envolée du chiffre d’affaires généré par ce format sur les six premiers mois de 2026 : une hausse de 58,6 %, portant les recettes à 171 millions de dollars. Sur cette période, 17,5 millions de CD ont trouvé preneur, soit 45,7 % de plus qu’au premier semestre 2025.

Le vinyle, de son côté, affiche une croissance plus modeste de 17,7 %, tout en conservant l’avantage en valeur absolue avec 232 millions de dollars de recettes. Un chiffre qui reste néanmoins très loin derrière le streaming, moteur incontesté des revenus de l’industrie musicale, avec 4,9 milliards de dollars engrangés sur la même période.

La K-pop, moteur inattendu de cette embellie

Ce regain de forme surprend. Il s’expliquerait en grande partie par le rayonnement de la K-pop, et tout particulièrement par le retour très attendu de BTS. Après leur service militaire obligatoire, les membres du groupe sud-coréen ont marqué leur retour l’an dernier avec l’album Arirang, un succès commercial retentissant qui s’est vendu à plusieurs millions de copies partout dans le monde. Très attachés à leurs idoles, les fans de K-pop n’hésitent pas à investir dans des compilations, des produits dérivés et, bien sûr, des CD.

Le phénomène ne se limite pourtant pas à la seule scène coréenne. Partout aux États-Unis, une génération de « super fans », en particulier chez les plus jeunes, transforme sa passion musicale en véritable acte de consommation. Le président-directeur général de la RIAA explique, dans un communiqué, que cette embellie s’inscrit dans un mouvement plus large de hausse des revenus musicaux aux États-Unis, porté par un lien de plus en plus étroit noué entre les artistes, leur public et les plateformes de streaming. Pour bon nombre de ces adeptes, multiplier les formats et les produits dérivés n’obéit à aucun calcul économique : c’est avant tout une manière de témoigner leur soutien à l’artiste qu’ils suivent.

Le CD s’est ainsi transformé en pièce de collection, davantage regardée qu’écoutée. Le signe le plus révélateur ? Ses ventes s’envolent, sans que celles des lecteurs CD suivent le mouvement. Coffrets collector, goodies inclus, déclinaisons colorées : le format mise désormais sur l’esthétique, quitte à afficher plusieurs dizaines de dollars sur l’étiquette, tout en restant globalement moins onéreux que le vinyle. Un paradoxe s’installe : plus il coûte cher, moins il tourne sur une platine. Le CD a ainsi rejoint la famille des objets rétro prisés à l’ère du tout-numérique, aux côtés du vinyle, de l’appareil photo jetable ou du Polaroid.

Une stratégie bien rodée par les labels

Les labels ont rapidement flairé la tendance. Vendre un CD accompagné de goodies, ou l’inclure directement dans un pack avec un tee-shirt vendu plus cher, permet désormais de maximiser les recettes autour de chaque sortie d’album. Cette technique de vente groupée, baptisée « bundle » dans le jargon du secteur, s’est imposée comme un puissant levier de revenus pour les artistes.

La tendance reste toutefois inversée sur le marché français, où les ventes de CD continuent leur érosion, quoique de façon plus modérée. Un décalage qui pourrait néanmoins s’estomper avec le temps : les habitudes de consommation musicale nées aux États-Unis finissent généralement, tôt ou tard, par traverser l’Atlantique.

Écrit par: Loic Couatarmanach

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