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Une grande semaine de cinéma francophone vient de s’achever à Angoulême. Avec près d’une trentaine de films inédits présentés en avant-première dans les onze salles de la ville, sur les cent vingt-deux longs-métrages proposés, la manifestation que les fidèles surnomment tendrement le « FFA » a une nouvelle fois prouvé qu’elle demeure le véritable baromètre du cinéma hexagonal.
Tous les climats, tous les genres
Fidèle à sa réputation, l’écrin charentais aura connu cette année tous les caprices du ciel : soleil éclatant, ciels chargés, orages soudains, épisodes de chaleur comme de fraîcheur. Une valse météorologique qui a curieusement fait écho aux mille facettes de la production française, du drame intimiste à la grande fresque historique et guerrière, sans oublier le film social, la chronique psychologique ou encore la comédie la plus déjantée.

Anthony Bajon, révélation d’une édition foisonnante
Parmi les temps forts, difficile de ne pas évoquer le tonnerre d’applaudissements réservé à « En haut de la pile », de Louis-Julien Petit, attendu en salle le 6 janvier 2027. Portée par la complicité lumineuse d’Anthony Bajon et d’Aliocha Schneider, cette comédie tendre et pudique suit deux hommes engagés dans un parcours de procréation médicalement assistée. Le film esquive tout pathos et puise sa justesse dans l’humour et la délicatesse, offrant un regard sensible sur la parentalité et l’amour, loin des poncifs habituels.
Décidément acteur du moment, Anthony Bajon fait aussi merveille dans un registre radicalement opposé au sein du premier film d’Antoine Giorgini, « Les Princes » (sortie le 3 mars 2027). Cette comédie enlevée met en scène un savoureux trio d’ouvriers, sorte de Pieds Nickelés de la maçonnerie, qui exhume par hasard un coffre rempli de louis d’or lors d’un chantier de rénovation dans un château. Plutôt que de déclarer la trouvaille, comme la loi l’exige, les compères imaginent la faire passer pour une découverte privée.

Une fréquentation en hausse et une sélection saluée
Du côté des organisateurs, le bilan respire l’optimisme. Selon le directeur artistique Dominique Besnehard, « Les Princes » comme « Si tu penses bien », de Géraldine Nakache, ont suscité un vif engouement du public, signe d’une compétition de haute tenue. Il souligne d’ailleurs que le jury lui-même, présidé par Franck Dubosc, a tenu à féliciter l’équipe pour la qualité de sa programmation. Côté chiffres, l’édition confirme sa belle dynamique : 68 000 spectateurs cette année contre 65 000 en 2025, avec l’espoir d’atteindre le cap des 70 000 malgré des orages et des chaleurs inhabituelles pour la région en août.
Le responsable se veut rassurant sur la santé du septième art national, qu’il estime florissant. Il salue une offre d’une grande diversité, capable d’aller de la comédie populaire aux œuvres plus ambitieuses, historiques ou sociales. Le public, observe-t-il, plébiscite les comédies qui parlent de la vie avec un humour tout en finesse, mais se montre également sensible aux films qui abordent les grands sujets de société, de la PMA aux tensions interreligieuses.
Le précieux appui du Festival de Cannes
Le rendez-vous angoumoisin peut aussi compter sur le soutien affirmé du Festival de Cannes. Thierry Frémaux est venu présenter les frères Lumière ainsi qu’un panorama des grands films de la Croisette. Cette reconnaissance, que la direction du FFA perçoit presque comme une marque d’affection, conforte Angoulême dans son statut de tremplin incontournable pour les films de la rentrée, au point que certains distributeurs lui préfèrent désormais Toronto ou Venise.
Des découvertes qui marquent les esprits
Parmi les révélations, « Justin le juste », d’Éric Barbier, avec Alban Ivanov (sortie le 23 septembre), a séduit : ce paysan illettré et bon enfant, enrôlé de force dans l’armée en 1915, découvre auprès d’un tirailleur sénégalais toute l’absurdité de la guerre avant de devenir un héros malgré lui.
Le public a également réservé un bel accueil à « L’Affaire Marie-Claire », de Lauriane Escaffre et Yvo Muller, avec Charlotte Gainsbourg et Cécile de France (sortie le 4 novembre), qui revient sur le procès emblématique de 1972 ayant fait de l’avortement un combat pour les droits des femmes. Dans un registre plus intime, « Ce qui nous mène à toi », de Khalil Cherti, avec Nina Meurisse et Sofian Khammes (sortie le 11 novembre), suit un couple confronté à l’infécondité au fil d’un long parcours de PMA fait d’espoirs et de déceptions.
Enfin, le public a offert une jolie ovation à « La Frappe », de Julien Gaspar-Oliveri (sortie le 2 septembre), récit dur et percutant d’un frère et d’une sœur bousculés par le retour de leur père, tout juste sorti de prison. Une sélection riche et contrastée qui, une fois encore, aura tenu ses promesses.
Écrit par: Loic Couatarmanach
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Quand la ville dort, la bande-son des insomniaques et des esprits vagabonds s’exprime.
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