Cinéma

Dernier train pour Silverton : quand la Charente réinvente le western

today7 septembre 2026 37

Arrière-plan
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Dernier train pour Silverton est un western français en moyen métrage (57 minutes), écrit et réalisé par le duo père-fils Pierre-Marie et Charles Pautrot. Il a été présenté le 28 août 2026 au Festival du film francophone d’Angoulême, dans la section « Nouveaux Regards »

L’histoire se déroule le 9 avril 1870 : plusieurs figures légendaires de l’Ouest américain, Calamity Jane, Davy Crockett, Sitting Bull, Doc Holliday…,  reçoivent une convocation portant le sceau du président Grant et se retrouvent à Silverton, une ville minière du Colorado. Sur place, personne ne les attend, et le film bascule dans un huis clos oppressant, misant sur la tension psychologique entre personnages plutôt que sur l’action.

Comment faire passer la Charente pour le Colorado ?

Pierre-Marie Pautrot : Et bien, c’est un défi d’autant plus important que le western repose traditionnellement sur la puissance de ses décors. Ici, la fabrication du paysage devient presque artisanale : les lieux réels, les éclairages, les costumes, le cadre et les effets numériques travaillent ensemble pour faire oublier la géographie française. Le film mélange également acteurs professionnels et amateurs. Je recherchai des visages et des personnalités capables d’habiter cet univers. Les professionnels ont accompagné les débutants, tandis que la direction d’acteurs, la lumière et le montage ont permis de construire une distribution cohérente.

Quel avenir pour le film, on espère le voir bientôt au cinéma ?

P.M.P : Au départ, honnêtement, le format du film, on l’a surtout choisi à cause du budget. Mais on avait quand même assez de plans pour monter une version d’environ 1h15. Finalement, j’ai resserré le montage autour de 57 minutes, pour que l’histoire soit plus vive, plus rythmée. Et notre sélection au Festival du film francophone d’Angoulême, pour moi, c’est déjà une étape énorme pour un projet indépendant comme le nôtre. Parce qu’au fond, derrière les revolvers et les paysages enneigés, Dernier train pour Silverton, c’est avant tout notre aventure à nous : avec mon fils, on a voulu fabriquer, depuis la Charente, notre propre bout d’Amérique. On va bien trouver un distributeur. De plus, des fenêtres sont ouvertes pour la diffusion sur une plateforme. On dira tout à Cadence à ce moment-là.

Comment s’est déroulé le tournage ?

P.M.P : Je suis parvenu à donner l’illusion de lieux situés aux États-Unis, entre scènes de trains dans des paysages enneigés, décors de saloon, bisons dans la neige. Jean-Yves Tual, dans le rôle du mystérieux hôte, arrive à créer de l’inquiétude, Il a était formidable, autour de son personnage au dessein à l’application ambiguë. Reste une maîtrise formelle au cœur d’une intrigue qui peine à captiver, malgré de bonnes intentions et des sujets contemporains (racisme, sexisme…). Avec mon fils, il peut parfois y avoir quelques malentendus. On se pose des questions, on échange et nous avons des doutes constructifs. À partir du moment où l’un de nous est sûr de son choix, l’autre suit. Concernant les acteurs, chacun était à sa place et connaissait son rôle avant le tournage. La postproduction et le montage représentent une partie extrêmement importante, même si, finalement, chaque étape compte. Cela reste surtout une très belle aventure. Si cela avait été une mauvaise expérience, je pense que nous ne serions pas là tous les deux aujourd’hui.

Jean-Yves, comment as-tu abordé le scénario lorsque tu l’as reçu ?

Jean-Yves Tual : Lorsque j’ai reçu le scénario, j’ai immédiatement été séduit par l’histoire et, surtout, par ce personnage atypique. Après autant d’années de carrière, j’ai eu l’occasion d’interpréter beaucoup de personnages atypiques. Celui-ci me parlait particulièrement et me donnait la possibilité d’exprimer des choses que je n’avais pas pu montrer dans d’autres rôles. J’ai ensuite rencontré Pierre-Marie. Cela a été une autre forme de séduction, car j’ai vu à quel point il était passionné par ce personnage et par son film. Je me suis dit que je ne pouvais pas ne pas le faire. Le projet m’emmenait vers des sentiers que je ne connaissais pas, avec des personnes réellement passionnées par le cinéma et par leur histoire. J’ai l’habitude de travailler dans des structures plus établies, avec une production, des contrats signés et un cadre déterminé à l’avance. Dans ce type de projet, on apprend son texte et on avance. Avec Pierre-Marie et Charles, j’ai véritablement construit un personnage. Pierre-Marie avait une idée très précise en tête. Je l’ai reçue et j’ai participé à l’élaboration du personnage d’une manière beaucoup plus artistique.

Pourquoi avoir choisi de réaliser un western ? Nous n’en voyons malheureusement plus beaucoup aujourd’hui.

P.M.P : C’est la combinaison de plusieurs facteurs. Nous avions déjà réalisé un long métrage policier, puis un documentaire historique et une série diffusée sur YouTube consacrée à l’ancien Premier ministre Édouard Philippe. Nous voulions changer de genre, alors nous avons choisi le western. Mais le western est surtout un genre qui a bercé mon enfance. À l’époque, on pouvait en voir pratiquement tous les soirs, parfois deux le dimanche, sans oublier l’émission La Dernière Séance. Il faut reconnaître que les scénarios des westerns classiques étaient souvent construits de la même manière : un riche propriétaire voulait voler le bétail ou les terres de son voisin, qu’il finissait par tuer. Un héros arrivait de nulle part et sauvait la veuve et l’orphelin. Souvent, il ne se mariait même pas avec la jeune femme et repartait immédiatement ! Nous nous sommes donc dit que nous allions changer de formule et sortir des sentiers battus. Nous nous sommes appuyés sur différents épisodes de l’histoire des États-Unis, avec également une page de l’histoire de France qui agit comme une caisse de résonance.

Pourquoi produit-on aujourd’hui si peu de westerns ?

P.M.P : Je pense que la forte influence américaine sur la culture française, notamment avec le plan Marshall durant les années 1950 et 1960, a beaucoup joué. La production française avait du mal à se reconstruire après la Seconde Guerre mondiale. Avec les évolutions législatives intervenues ensuite dans le cinéma français, nous avons développé ce que l’on appelle l’exception culturelle. En France, le cinéma n’est pas seulement considéré comme une industrie : il demeure le septième art. Parallèlement, le western américain lui-même est tombé en désuétude. Quelques films ressortent ponctuellement. Les derniers westerns de Kevin Costner, par exemple, ont été tournés dans un classicisme assez impressionnant.

J.Y.T : Il y a quelques western en série. Ce qui m’a impressionné récemment, c’est la série À l’aube de l’Amérique. C’est un western particulièrement bien revisité, que j’ai même préféré à Yellowstone.

Comment tourne-t-on un western à Angoulême ? Les images sont magnifiques, mais la région ne ressemble pas nécessairement aux paysages traditionnels du genre ?

P.M.P: Avec un peu d’imagination ! Les décors trouvés en Charente correspondent principalement aux scènes intérieures et au huis clos. Deux extérieurs ont également été tournés en Charente, mais la plupart des autres scènes extérieures ont été réalisées dans les Pyrénées, notamment les passages dans la neige. Nous avons aussi la chance de disposer aujourd’hui d’une technologie particulièrement efficace, notamment grâce aux VFX (Intelligence Artificielle). Ce sont des effets permettant de transformer les images ou d’ajouter numériquement des éléments. Lorsque nous tournons dans un décor où il fait beau, mais que nous voulons ajouter une montagne et de la neige à l’arrière-plan, nous pouvons le faire grâce aux VFX.

Jean-Yves, tout le film repose sur la tension, le huis clos et la sensation de piège. Comment tient-on cette corde raide en tant qu’acteur ?

J.Y.T : C’est justement parce que je suis comédien que je dois avoir la capacité de passer du plus blanc au plus noir en une fraction de seconde. Personnellement, c’est un véritable plaisir de pouvoir jouer avec cela. J’adore le ping-pong des dialogues, mais aussi celui des sentiments et des expressions. J’aime lorsque tout va vite et que nous pouvons changer d’univers en une fraction de seconde. Je ne considère pas réellement cela comme un travail. Il faut entrer dans le personnage sans oublier que nous ne sommes que des acteurs et que nous ne sommes pas véritablement le personnage, contrairement à ce que certains peuvent laisser penser.Le jeu consiste précisément à faire croire que nous sommes le personnage, même si nous ne le sommes pas.

Lorsque tu dis que jouer n’est pas un travail, cela ne signifie évidemment pas qu’un acteur ne travaille pas. Il existe une préparation, mais également une passion ?

J.Y.T : Ce que je veux dire, c’est que le fait de jouer lui-même n’est pas un travail. Jouer est une forme d’expression. Le travail se trouve en amont. Le travail consiste à apprendre un texte et à comprendre comment interpréter un personnage. S’il existe des méthodes comme celle de Stanislavski, ce n’est pas pour rien. Certains acteurs ont besoin d’une méthode particulière pour trouver leur personnage. D’autres en utilisent une autre. La mienne consiste simplement à me plonger dans le personnage, puis à l’exprimer librement, tout en conservant une forme de retenue et de frein. Il ne faut pas devenir réellement le personnage. Cela peut être dangereux et certains jeunes acteurs finissent par perdre pied.

Chaque réalisateur dirige ses acteurs différemment. Comment cela s’est-il passé sur ce film et qu’as-tu apprécié dans la manière d’être dirigé ?

J.Y.T : Pierre-Marie avait déjà une idée très précise en tête. J’ai la chance de comprendre généralement très vite ce que désirent les réalisateurs. Lorsqu’il m’a envoyé le scénario, j’avais déjà imaginé mon personnage. Sur le plateau, il a parfois pu me demander de lui donner une autre couleur ou de rendre le personnage plus inquiétant, alors que j’avais initialement une autre idée. J’ai une règle d’or : un tournage fonctionne comme un bateau. Il y a un capitaine, un second, qui est l’assistant, et des matelots. En tant qu’acteur, je suis un matelot. Lorsque le capitaine, Pierre-Marie en l’occurrence, me demande de faire dégager à mon personnage une émotion, une couleur ou une manière de parler particulière, je réponds d’accord. Je m’adapte afin de faire apparaître le personnage de la manière qu’il souhaite.

Vous avez choisi de mélanger des comédiens amateurs et des acteurs professionnels. Comment travaille-t-on avec des personnes qui ne viennent pas nécessairement du métier ?

P.M.P : Les comédiens amateurs s’adaptent et essaient de se mettre au niveau des professionnels. Les acteurs professionnels leur donnent beaucoup de conseils et les tirent vers le haut. Les comédiens amateurs possèdent aussi une curiosité et une énergie particulières. Ils ont envie de bien faire, à condition d’être intéressés par le sujet. Nous recherchions avant tout des visages, des « gueules ». Ensuite, le montage permet de construire beaucoup de choses, aussi bien avec les acteurs amateurs qu’avec les professionnels. C’est pour cela que je disais que le montage était particulièrement important. Beaucoup de personnes ne soupçonnent pas leurs propres capacités. Avec une bonne direction, un bel éclairage, un bon axe de caméra et un montage efficace, elles peuvent produire des choses qu’elles n’imaginaient pas.

Quelle a été votre réaction en apprenant cette sélection au festival du Film Francophone d’Angoulême ?

P.M.P : Cela a été une immense émotion et une grande fierté. Je suis encore plus fier d’avoir réalisé ce film avec mon fils, de l’avoir emmené dans cette aventure et de l’avoir partagée avec lui ainsi qu’avec toute l’équipe.

Le film ne possède pas encore de distributeur ?

P.M.P : Pour le moment, nous n’avons pas véritablement commencé les démarches, car nous venons d’amener le bébé au Festival du film francophone d’Angoulême. J’avais contacté un premier distributeur. Il m’avait expliqué qu’un de ses films, Josèphe avec JoeyStarr, se trouvait dans la même sélection. Mais lorsqu’il a appris que notre film durait 57 minutes, il m’a répondu que sa société ne distribuait que des œuvres dépassant une heure. Je lui ai indiqué que nous possédions assez de plans pour construire une version de 1 h 15, mais la discussion n’est pas allée plus loin, car nous étions en pleine préparation du festival. J’aimerais trouver un distributeur pour une exploitation au cinéma ou, au minimum, obtenir une très belle exposition sur une plateforme comme Prime Video ou Netflix. Pour l’instant, nous n’avons cependant lancé aucune véritable démarche.

Jean-Yves, pour les lecteurs qui ne te connaîtraient pas encore très bien, peux-tu citer quelques films auxquels tu as participé et que tu aimerais particulièrement leur faire découvrir ?

J.Y.T : J’ai notamment joué dans le premier Astérix et Obélix contre César. Techniquement, c’était formidable et il s’agissait d’une très grosse production, mais ce ne sont pas forcément les personnages que je trouve les plus intéressants. Les films que j’aimerais vraiment que le public découvre sont malheureusement très peu diffusés, voire pas du tout. Il y a Le Coup suprême de Jean-Pierre Sentier, que j’ai tourné dans les années 1990 avec Bernard Giraudeau, Philippe Léotard et beaucoup d’autres acteurs. Il y a également Le Nain rouge d’Yvan Le Moine, dans lequel j’interprétais le rôle principal, aux côtés notamment d’Anita Ekberg, la grande actrice de La Dolce Vita, et de Michel Peyrelon. Je pense aussi au film d’Alejandro Jodorowsky, Le Voleur d’arc-en-ciel, avec Omar Sharif et Peter O’Toole. Cela a été mon premier véritable rôle à l’international. J’ai ensuite eu le plaisir de travailler sur d’autres productions internationales, comme Fred Claus de David Dobkin, avec Kevin Spacey et Vince Vaughn. Je suis parti tourner en Angleterre et j’ai joué en anglais, ce qui est toujours très jouissif. J’ai aussi participé à des téléfilms devenus des films, comme Les Milles, le train de la liberté, dans lequel j’interprétais un Juif allemand et où je jouais en allemand. Là encore, l’expérience était particulièrement stimulante. Angoulême est une ville que je côtoie depuis plusieurs années. C’est la première fois que je viens pour le Festival du film francophone, mais j’avais déjà tourné dans la région pour la série de France 3 SOS 18, avec les pompiers d’Angoulême. J’ai également fait partie d’une association consacrée au handicap et à la bande dessinée, pour laquelle j’étais membre du jury à Angoulême. L’intérêt de ce festival est qu’il présente uniquement des films francophones. Cela me plaît. Habituellement, nous voyons de nombreux films sous-titrés ou doublés. Ici, je ressens une certaine sincérité. La programmation est réellement consacrée au cinéma. Dominique Besnehard sait ce qu’il fait et le fait très bien. Le résultat ne peut être que créatif et jouissif. Tous les bons superlatifs peuvent être employés pour parler d’un festival réussi.

Les personnes atypiques constituent donc une force ?

J.Y.T : Bien sûr. En tant que personne atypique, je ne pourrais pas dire le contraire. Le problème est que les productions pensent souvent à la place du public. J’ai vu des réalisateurs proposer des projets et s’entendre répondre : « Tu ne vas tout de même pas faire ce film avec un nain dans le rôle principal. Le public ne pourra pas s’identifier. » C’est complètement ridicule. Une fois que le film existe, les spectateurs peuvent au contraire être surpris et dire : « Waouh, nous ne nous attendions pas à cela. » Xavier Giannoli, par exemple, n’avait initialement pas pensé à moi pour Marguerite. C’est le directeur de casting qui lui a proposé des vidéos. Giannoli me l’a raconté lui-même. Lorsqu’il les a regardées, il s’est dit que j’étais celui qu’il lui fallait. Cela lui est apparu comme une évidence. On parle beaucoup d’inclusion. Mais la véritable inclusion ne consiste pas obligatoirement à montrer une personne en situation de handicap en insistant sur son handicap. Elle consiste à intégrer ces comédiens dans des personnages normaux, ordinaires ou même banals.

On pourrait pourtant penser que les mentalités commencent à changer ?

J.Y.T : J’en ai encore eu la preuve hier soir. Des agents de sécurité du festival se sont mis à rire en me voyant arriver, puis ont essayé de se cacher pour se moquer de moi. Je suis habitué à ce genre de réaction, mais il y a des moments où l’on en a assez. Ce qui m’aide, quelque part, c’est de me rappeler où j’en suis par rapport à eux. Je me dis qu’ils sont en train de garder une porte pendant que je suis sur le grand écran. C’est une petite vengeance assez dérisoire, mais elle me permet de respirer et de me dire que ce n’est pas grave. Malgré tout, subir cela quotidiennement est fatigant. J’ai également des amis tétraplégiques qui, dans la rue, sont parfois considérés comme s’ils étaient incapables de comprendre ce qui se passe. Nous sommes en 2026 et cette mentalité existe encore. Une ancienne compagne me disait que j’étais paranoïaque. Je lui ai proposé de marcher quelques mètres derrière moi et d’observer les réactions des passants. Au bout de dix minutes, elle n’en pouvait plus et demandait aux gens pourquoi ils me regardaient ainsi. C’est quelque chose que je vis tous les jours. D’une certaine manière, on s’y habitue, mais à force, cela devient épuisant. Certains jours, je sais où j’en suis et je réussis à ne pas y prêter attention. D’autres jours, j’ai simplement envie de dire aux gens de me laisser tranquille.

Y a-t-il un sujet que vous souhaiteriez ajouter et que je n’ai pas abordé ?

P.M.P :J’aimerais simplement citer un très bon western sorti il y a quelques années : Old Henry. J’ai eu l’occasion de passer un après-midi en Grèce avec Bob Emmer, l’un de ses producteurs. C’était quelqu’un de très sympathique.

Jean-Yves, peut-être un dernier mot ?

J.Y.T : Dans le cinéma, nous avons souvent du mal à trouver une place pour les personnes atypiques, comme celles dont je fais partie. Ce film représente une occasion formidable d’avoir pu travailler avec Pierre-Marie et Charles. Mon personnage n’est facile ni à interpréter ni à recevoir. Il est très important que les créateurs de demain, les jeunes réalisateurs comme les cinéastes plus confirmés, comprennent que des personnes atypiques peuvent apporter quelque chose de nouveau, d’original et de créatif aux productions actuelles. Il ne faut pas toujours leur faire interpréter les mêmes rôles : « le nain de service » pour les personnes de petite taille ou « l’Arabe du coin » pour les comédiens maghrébins. Nous pouvons raconter les choses autrement, grâce à des personnages réellement pensés et construits. Il faut travailler sur l’originalité et cesser de toujours reproduire les cases habituelles du cinéma.

Écrit par: Loic Couatarmanach

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