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Funko, fabricant des figurines pop! au bord de la faillite

today19 février 2026 8

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L’entreprise américaine à l’origine des célèbres figurines à têtes surdimensionnées reconnaît avoir des soucis financier quant à sa capacité à poursuivre ses activités au-delà des douze prochains mois.

une chute vertigineuse des ventes

Après des années de succès planétaire, le géant de la pop culture vacille sous le poids de ses stocks invendus et d’une dette colossale. Dans ses résultats financiers publiés le 6 novembre 2025, Funko annonce une chute de 14,3 % de ses ventes mondiales par rapport à l’an dernier à la même période. Le recul atteint même 20 % sur le marché américain, pourtant principal moteur de l’entreprise. Son segment phare, regroupant les figurines Pop! standards, recule de 12 %. Une info qui n’augure pas un bon début 2026. Ces chiffres témoignent d’un retournement brutal pour une marque qui, en 2021, approchait le milliard de dollars de chiffre d’affaires et régnait en maître sur les rayons des magasins spécialisés et les bureaux des collectionneurs du monde entier.

du phénomène mondial à la destruction massive de stocks

Créée en 1998, Funko s’est imposée au fil des années 2010 comme un phénomène culturel planétaire. Ses figurines Pop!, reconnaissables à leurs têtes surdimensionnées et à leurs yeux noirs ronds, ont conquis le grand public grâce à un catalogue tentaculaire de licences : Star Wars, Harry Potter, Marvel, Stranger Things et des centaines d’autres franchises. Cette frénésie productive s’est toutefois retournée contre l’entreprise. Les stocks se sont accumulés à un rythme incontrôlable, transformant la gestion logistique en gouffre financier. En 2023, le principal centre de distribution tournait déjà à pleine capacité, alors qu’il aurait idéalement dû fonctionner à 80 % pour maintenir son efficacité. Incapable d’absorber de tels volumes, Funko a fini par détruire l’équivalent de plus de 30 millions de dollars de figurines invendues, révélant l’ampleur du déséquilibre entre production et demande réelle. Ces coûts de stockage considérables ont désorganisé toute la chaîne logistique de l’entreprise.

une concurrence premium qui change la donne

Deux ans après ce désastre, la dette totale de Funko dépasse désormais les 240 millions de dollars, tandis que ses marges et profits s’érodent trimestre après trimestre. Ce déclin intervient paradoxalement alors que le marché mondial du jouet affiche une croissance en 2025, portée par le dynamisme des grandes licences et les achats plaisir. Si les collectionneurs n’ont pas cessé d’acheter sur le premier trimestre 2026, leurs habitudes ont radicalement changé. Le marché se déplace vers des modèles plus haut de gamme, produits en quantités limitées. Dans ce nouveau contexte, Funko subit la pression croissante de fabricants comme Good Smile Company, Bandai Spirits ou Beast Kingdom, qui séduisent les amateurs avec des figurines premium aux finitions soignées, là où les Pop! paraissent désormais datées et produites à la chaîne.

des tentatives de diversification infructueuses

L’entreprise a bien tenté de se réinventer en se diversifiant : jeux de société, ligne de vêtements, jeu vidéo unanimement décrié, ou encore NFT baptisés « Digital Pop ». Aucune de ces initiatives n’a rencontré son public. Pénalisée par la hausse des coûts de production, les droits de douane américains et plusieurs annulations de commandes, la firme reste prisonnière de son produit phare, incapable pour l’instant de se réinventer alors que le terrain glisse sous ses pieds. En 2025, Funko a modifié son contrat de crédit à deux reprises afin d’alléger temporairement la pression des banques et se donner une chance de surmonter ses difficultés financières. À ce stade, la marque ne dispose plus d’assez de liquidités pour investir ou absorber de nouvelles chutes de revenus, rendant sa survie incertaine à court terme.

Comme le souligne Gizmodo, l’entreprise a évoqué la nécessité d’obtenir des financements supplémentaires, ou à défaut, d’explorer de nouveaux choix : réduction d’activités, cessions d’actifs, ou revente pure et simple de la société. Le géant autrefois adulé des collectionneurs se retrouve aujourd’hui piégé par ce qui a fait son succès : trop de licences, trop de figurines, produites trop vite. Une leçon sur les dangers de la croissance effrénée dans un marché qui, comme tous les phénomènes de mode, finit par se retourner contre ceux qui n’ont pas su anticiper son évolution.

Écrit par: Loic Couatarmanach

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