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À l’heure où le streaming règne en maître, un courant discret mais tenace résiste à la dématérialisation.
Collectionneurs, cinéphiles et nostalgiques, ils remettent le support physique au goût du jour. Et si le DVD était en train de vivre une seconde jeunesse ? Ceux qui ont grandi dans les années 80 et 90 s’en souviennent comme si c’était hier. Pousser la porte d’un vidéoclub, longer les rayonnages au hasard, laisser son regard glisser des comédies grand public aux séries B assumées, des giallo italiens aux pépites oubliées. Et surtout, écouter le patron, cette figure incontournable du cinéphile de quartier, vous tendre un boîtier en vous assurant que ce film-là, il fallait absolument le voir.
Cette époque s’est éteinte progressivement, les dernières enseignes fermant leurs portes au début des années 2000, emportées par la révolution numérique. Pourtant, ce qu’elles incarnaient, le rapport charnel à l’objet, la sérendipité du choix, la culture du conseil, n’a jamais vraiment disparu. Il attendait, simplement, de revenir sous une autre forme.
Pendant que les plateformes de streaming multiplient leurs abonnements et leurs catalogues, quelque chose d’inattendu se produit : des milliers de personnes rachètent des DVD. Non par nécessité, mais par choix. Par amour de l’objet, par refus d’une consommation culturelle entièrement dématérialisée, par désir de posséder réellement ce qu’on aime, dans un monde où l’on ne possède plus grand-chose.
Le phénomène n’est pas sans rappeler le retour du vinyle, qui a défié toutes les prévisions en reconquérant une part significative du marché musical. Les chiffres publiés par le Digital Entertainment Group aux États-Unis vont dans ce sens : les ventes de Blu-ray 4K UHD se maintiennent depuis 2023, et les éditions premium en boîtier steelbook ont même enregistré une progression en 2025. Un signal faible, mais réel.
Qui n’a jamais passé vingt minutes à faire défiler les vignettes d’une plateforme sans parvenir à choisir quoi regarder ? Le paradoxe du choix numérique est bien documenté : face à une offre pléthorique, on finit souvent par se replier vers ce qu’on connaît déjà, guidé par les suggestions d’un algorithme qui nous ressemble trop pour nous surprendre. La vidéothèque physique fonctionne autrement. Une jaquette attire l’œil, un titre oublié refait surface, une pochette intrigue. Le simple fait de faire glisser ses doigts sur une rangée de boîtiers peut conduire vers des découvertes qu’aucune intelligence artificielle n’aurait suggérées.
C’est exactement ce que ressent Gilles Gressard, collectionneur propriétaire de 24 000 disques. Interrogé par le journal 20 Minutes, il confie : « Pour un cinéphile comme moi, le support physique a été une innovation merveilleuse. Cela me donne la possibilité de conserver l’histoire du cinéma à portée de main, sans avoir à me soucier de recevoir Internet dans la cave où j’ai installé ma salle de projection. » Un argument auquel il est difficile de répondre.
Les plateformes ont beau s’étoffer, elles restent soumises aux aléas des droits, des licences et des stratégies commerciales. Des œuvres majeures disparaissent du jour au lendemain, d’autres n’y apparaissent tout simplement jamais. Into the Wild de Sean Penn, pour ne citer qu’un exemple parmi d’autres, reste introuvable en ligne, ni à l’achat, ni à la location. Pour voir ces films-là, il faut soit attendre qu’une plateforme daigne les acquérir, soit posséder le disque.
Sans compter la multiplication des abonnements : pour accéder à un catalogue digne de ce nom, il faut aujourd’hui jongler avec trois ou quatre services payants. La facture s’alourdit, et le sentiment de ne rien posséder en échange persiste. À l’inverse, une collection physique construite patiemment représente un capital durable, certains titres rares prenant même de la valeur avec le temps. Et puis il y a l’argument imparable, celui qui a converti plus d’un sceptique : la panne internet. Quand le réseau flanche, le DVD, lui, reste fidèle au poste. Vive le physique, donc. L’étagère n’est pas près de disparaître des salons des cinéphiles et les collectionneurs n’ont visiblement aucune intention de lâcher leurs trésors.
Écrit par: Loic Couatarmanach
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