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Adapté de son propre roman, le nouveau film de Lucas Belvaux joue avec les codes du thriller pour mieux les déjouer. Derrière la promesse d’une traque mortelle, c’est un drame existentiel sur le prix de la vie qui se dévoile progressivement.
Skender, ancien légionnaire sans attaches, reçoit une offre aussi lucrative qu’absurde : accepter d’être le gibier d’une chasse à l’homme organisée par une riche veuve qui s’ennuie, surnommée simplement « Madame ». Entre les deux, un intermédiaire : Max, ancien compagnon d’armes de Skender qui sert à la fois de courroie de transmission et de conscience morale. Le contrat est signé. Le compte à rebours s’enclenche.
C’est là que Belvaux surprend. Plutôt que de foncer vers l’action, le film s’attarde sur les semaines qui précèdent l’échéance. Chaque protagoniste a le temps de mesurer ce à quoi il s’est engagé, d’en peser les conséquences intimes. Quel est le coût d’une vie ? Est-il plus difficile d’affronter la mort ou l’ennui de la vivre ? Les Tourmentés délaisse progressivement le registre du thriller pour celui du drame existentiel, une partie de poker menteur où l’enjeu véritable n’est pas la mise à mort mais la destruction psychologique de l’adversaire.
La révélation du film tient dans son personnage le plus effacé. Linh-Dan Pham, vue notamment dans De battre mon cœur s’est arrêté de Jacques Audiard, incarne Madame avec une froideur d’abord absolue avant que ses failles n’apparaissent. Retranchée dans son chalet, attendant une proie qui ne vient pas, elle finit par s’abîmer dans le silence. Belvaux y consacre une séquence courte mais radicale, une femme seule face au vide qu’elle a elle-même creusé — confirmant au passage son talent singulier pour donner corps à des figures féminines puissantes et complexes.
L’originalité des Tourmentés réside précisément dans ce retournement tardif. On se retrouve face à un portrait de femme en déroute, centre vide et presque gouffre du récit. Lucas Belvaux, fidèle à sa noirceur habituelle, s’arrête pourtant au bord du précipice. Un choix qui déconcertera peut-être les amateurs de tension pure, mais qui confirme la singularité d’un cinéaste qui n’a jamais vraiment fait ce qu’on attendait de lui.
Le film est disponible en DVD chez UGC éditions et en VOD.
Écrit par: Loic Couatarmanach
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