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Un Américain qui filme Godard. Un Danois qui dessine l’Arche de la Défense pour Mitterrand. Un film d’animation produit par Natalie Portman. Les nominations de la 51e cérémonie des César dessinent un cinéma français revisitant le passé et explorant le futur.
« Nouvelle Vague » de Richard Linklater domine avec 10 nominations. Le film reconstitue le tournage d' »À bout de souffle » en noir et blanc, format carré, pellicule granuleuse. Guillaume Marbeck incarne le réalisateur Jean-Luc Godard, Zoey Deutch joue l’actrice Jean Seberg, Aubry Dullin devient Belmondo. Un cinéaste texan qui rend hommage à la révolution du cinéma français avec un ancien DJ, skateur repéré sur YouTube : l’Académie a validé.
Derrière ce favori, trois films à 8 nominations chacun : « L’Attachement » de Carine Tardieu. « Dossier 137″ de Dominik Moll. Et « L’Inconnu de la Grande Arche » de Stéphane Demoustier, qui plonge dans la France mitterrandienne des années 80. Le film retrace l’épopée de Johan Otto von Spreckelsen, architecte danois inconnu propulsé à la tête du plus grand chantier de l’époque. Claes Bang l’incarne avec une froideur passionnée. Michel Fau campe un Mitterrand savoureux, arpentant les chantiers boueux en bottes de caoutchouc. Xavier Dolan et Swann Arlaud gravitent autour de lui. Pour éviter de reconstruire grandeur nature le chantier de La Défense, plus d’une centaine de plans utilisent des archives animées par effets visuels. Lise Fischer, qui les a supervisés, est nommée dans la catégorie meilleurs effets visuels, aux côtés d’Alain Carsoux pour « Nouvelle Vague », Cédric Fayolle pour le film d’anticipation « Chien 51″ et Rodolphe Chabrier pour le remake de « L’Homme qui rétrécit ».
L’animation française confirme sa vitalité. « Arco » d’Ugo Bienvenu cumule 4 nominations : meilleur film d’animation, meilleur premier film, meilleure musique originale, meilleur son. Ce film de science-fiction en 2D, produit par Natalie Portman, qui est également en lice pour l’Oscar du meilleur film d’animation, raconte l’histoire d’un garçon venu du futur qui rencontre une jeune fille en 2075. Face à lui, « Amélie et la métaphysique des tubes » adapte Amélie Nothomb avec une esthétique picturale, et « La Vie de château, mon enfance à Versailles » raconte avec tendresse et poésie la vie de Violette, 8 ans, après la mort de ses parents lors des attentats du 13 novembre 2015, et de son oncle Régis, agent d’entretien au Château de Versailles.
Et puis il y a Jafar Panahi. Palme d’or, en lice pour les Oscars, mais seulement 2 nominations aux César pour son film « Un Simple Accident ». Le cinéaste iranien, condamné à un an de prison ferme pour « propagande contre l’État », parcourt le monde pour défendre son film pendant que des milliers de personnes meurent dans la répression en Iran. Il est surprenant de constater que les César n’ont pas su saisir l’occasion de lui offrir une tribune plus large pour ce qui représente autant un geste politique qu’artistique.
Deux femmes nommées pour la meilleure réalisation : Carine Tardieu et Hafsia Herzi. Un contraste plutôt positif avec l’année dernière où la catégorie ne comptait que des hommes.
« La Petite Dernière » de Hafsia Herzi est l’adaptation du roman autobiographique de Fatima Daas, publié en 2020. : celui d’une jeune femme musulmane qui découvre son homosexualité. Fatima, 17 ans, quitte sa banlieue pour la fac de philo à Paris. Elle s’émancipe, se cherche, se déchire entre ses désirs et sa foi. 12 minutes d’ovation debout au Palais des Festivals à Cannes, le film a remporté la Queer Palm et le prix d’interprétation féminine pour Nadia Melliti, 23 ans, repérée lors d’un casting sauvage. Elle est aujourd’hui nommée pour le César du meilleur espoir féminin et Hafsia Herzi, nommée pour la meilleure réalisation. après son César de la meilleure actrice l’année dernière pour « Borgo« .
Concernant la meilleure actrice, Leïla Bekhti pourrait l’emporter pour « Ma mère, Dieu et Sylvie Vartan », avec son interprétation exceptionnelle d’une mère courage devenue envahissante, pour son fils (interprété par Jonathan Cohen) qui ne sait pas couper le cordon. Le film a attiré près d’un million et demi de spectateurs, l’un des rares succès publics du cinéma français en 2025.
Franck Dubosc décroche sa première nomination en trente ans de carrière. Pas comme acteur, mais comme scénariste d' »Un Ours dans le Jura », près d’un million et demi d’entrées. Un an après son sketch sur son absence perpétuelle des nominations.
La cérémonie se tiendra le 26 février à l’Olympia, avancée d’un jour pour laisser la place aux Enfoirés. Camille Cottin présidera. Jim Carrey recevra un César d’honneur. Entre reconstitutions minutieuses et innovations, le cinéma français de 2026 témoigne de sa richesse et de sa originalité, malgré une absence flagrante de grands succès populaires l’an dernier.
Écrit par: Jérôme Ferron
César 2026 - Nominations César 2026 - Nouvelle Vague Richard Linklater - Hafsia Herzi - Leïla Bekhti
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