Dimanche soir, pendant que l’Amérique regardera les Patriots affronter les Seahawks, une autre partie se déroulera ailleurs.
Dans les tunnels publicitaires.
Un spot coûtera 20 millions de dollars.
Un autre, 5 000.
Et c’est peut-être le second qui raconte le mieux l’époque.
5 000 dollars, 3 jours, zéro humain
Il y a un spot, dimanche, qui ne ressemble à aucun autre.
Pas parce qu’il est beau, drôle ou émouvant.
Parce qu’il a coûté le prix d’un vieux pick-up d’occasion au Texas.
Artlist, plateforme de création vidéo dopée à l’IA, a produit sa première pub Super Bowl en trois jours. Une parodie des grandes pubs mythiques : ours polaire, cheval Clydesdale, plateau de tournage, figurants. Tout est faux. Tout est synthétique.
Le message est limpide : on peut faire votre pub avec votre budget repas.
Le spot ne passe pas en national, seulement en régional. Mais il sort le même soir que des pubs réalisées par Yorgos Lanthimos avec Emma Stone ou George Clooney.
Et ça suffit.
Dans le même temps, Svedka Vodka diffuse un spot quasi entièrement généré par IA. Robots, danseurs artificiels, décors irréels. Réaction immédiate : malaise, fascination, rejet.
La question n’est plus “est-ce que l’IA peut faire une pub Super Bowl ?”
Elle est devenue : “est-ce qu’on accepte ce monde-là ?”
Pepsi vs. Coca, version chatbot
Autre scène, autre combat.
Anthropic (Claude) publie des spots se moquant de son concurrent OpenAI (ChatGPT) où un chatbot dérape vers de fausses publicités absurdes. Punchline finale : “Ads are coming to AI. But not to Claude.”
Message clair : chez nous, pas de pub.
OpenAI, de son côté, prépare l’arrivée de formats sponsorisés.
L’IA vient d’entrer dans sa phase pop.
Comme Pepsi contre Coca, mais avec des modèles de langage.
Ce que ça change (vraiment)
Ce Super Bowl marque un basculement discret mais irréversible.
Un spot IA à 5 000 dollars coexiste avec un spot humain à 20 millions.
Des entreprises d’IA se clashent sur leur vision du monde en prime time.
La technologie ne se contente plus d’acheter de la pub : elle fabrique la pub.
Le Super Bowl a toujours été un miroir de son époque.
En 2026, ce miroir renvoie une image simple :
La publicité la plus chère du monde regarde arriver, en direct, l’outil qui la rend progressivement optionnelle.
Et tout le monde, dans ce tunnel, le sait déjà.
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